1. Fabulous et les deux Iraniens

    unmug:

    Ses amis le surnomment Fabulous.

    Alors qu’il n’avait que quelques mois, il a été adopté. Peu après ses 18 ans, il a été mis à la rue par sa mère. L’adoption a-t-elle une date de péremption ?

    En novembre 2020, un de ses amis nous signale la situation de Fabulous qui depuis quelques semaines déjà squatte chez l’un puis l’autre de ses potes, mais n’a maintenant plus de solution d’hébergement. J’écoute sa situation, je regarde comment on peut faire. Je lui dis qu’on va trouver une solution. Surprise que, tout de même, aucune personne de sa famille ne se soucie de ladite situation, je lui demande : « Désolée pour cette question, mais je ne connais pas toute ton histoire ; j’ai compris que ta mère t’a mis dehors, mais as-tu des contacts avec ton père ? » Sa réponse fuse : « J’ai pas de père moi, je suis adopté. Quand ma mère m’abandonne, j’ai plus de famille. »

    Bon.

    Je prends contact avec le service du département, pour faire une demande de contrat jeune majeur, puisqu’il est sans ressources, privé de tout soutien familial. On me répond qu’il faut au préalable qu’il fasse un courrier de demande de contrat jeune majeur, qui ensuite déclenchera un signalement à la CRIP (cellule de recueil des informations préoccupantes), qui ensuite ordonnera un rapport social sur sa situation pour étudier l’opportunité de lui octroyer un contrat jeune majeur.

    Bon.

    Je contacte l’assistante sociale de son lycée, qui me dit qu’elle va rédiger la lettre de contrat jeune majeur avec lui et interpeler l’assistante sociale du secteur pour voir quelles aides sont possibles. Dans cette attente, et comprenant que ce cérémonial risque de durer 2 ou 3 semaines, nous décidons d’héberger Fabulous et de lui donner une aide financière hebdomadaire pour se nourrir.

    Deux semaines plus tard, sans nouvelles, je recontacte l’assistante sociale du lycée, qui me dit qu’elle n’a pas envoyé le courrier de demande de contrat jeune majeur, car elle pensait que j’allais le faire. Par quel prodige aurais-je pu alors qu’elle avait rédigé le courrier ?? Elle m’envoie une copie du courrier par mail, c’est ni fait ni à faire, il n’y a aucune explication sur sa situation, aucune coordonnée, je mets tout à la poubelle et je refais un courrier que j’envoie effectivement moi-même finalement.

    Lorsque je l’interroge sur le rendez-vous avec l’assistante sociale de secteur et les aides sollicitées, l’assistante sociale du lycée me dit que le rendez-vous a été annulé : en définitive, aucune aide n’était possible. Comment ça ? lui dis-je. Des aides sollicitables, il y en a, des dispositifs, il y en a. Et je le sais, parce qu’il est français Fabulous, et que chaque fois que je veux en mobiliser des aides pour les jeunes que nous accompagnons, on me répond « ah désolé, il faut avoir ceci ou cela », ce qui se traduit par : il faut être français. Non, me dit-elle, l’assistante sociale n’avait rien trouvé, donc elle a annulé le rendez-vous.

    Bon.

    6 janvier. Fabulous reçoit une lettre de la CRIP, qui lui dit qu’ils ont été saisis d’une information préoccupante à son sujet et qu’il aura un rendez-vous avec une assistante sociale le 10 février. Eh ben, il faut pas que ce soit trop préoccupant.

    10 février, l’assistante sociale qui reçoit Fabulous m’écrit un mail en me disant qu’elle l’a reçu et qu’elle va tâcher de recevoir prochainement sa mère pour pouvoir faire un rapport social complet sur la situation.

    Prochainement. Bon.

    Mercredi 17 février. Je regarde l’horloge, il est 17 h 15. La permanence est censée se terminer à 17 h et j’ai vu qu’il y avait encore un plein couloir de monde. Je raccompagne le jeune qui était dans mon bureau jusqu’à la porte, je mets l’écriteau FERMÉ et je verrouille la porte.

    Dans le couloir, deux jeunes qu’on accompagne qui me disent des blagues que je n’écoute que d’une oreille : il y a là aussi, écroulés dans les fauteuils, deux hommes entourés de sacs à dos, duvets, des chaussures de randonnée aux pieds, visiblement exténués, et qui sentent le feu de forêt. En les voyant, je comprends tout de suite qu’ils viennent littéralement d’arriver : ils ont marché, marché, marché, passé la frontière, marché, marché, marché, fait un feu pour se réchauffer comme ils ont pu et ils arrivent là. À leur visage, semi caché par des masques sales, ils viennent du Moyen-Orient.

    Je leur dis bonjour, j’essaie en français, en anglais, ils ne parlent ni l’un ni l’autre. J’essaie en dari, ça marche, ils sont iraniens. L’un des deux me tend son téléphone sur lequel il avait préparé un petit texte sur Google Translate du farsi vers le français : « Nous n’avons pas dormi depuis trois jours, nous sommes très fatigués, pouvez-vous nous aider, nous cherchons une place pour dormir, nous voulons demander l’asile en France s’il vous plaît. »

    Je les installe dans le canapé, leur sers un thé, des biscuits, leur dis d’attendre un moment. J’appelle N., notre agent de maintenance, qui est afghan, et arrive 10 minutes plus tard. On regarde où on a une place disponible. On a un studio vide quelques semaines en attendant l’emménagement d’un jeune, donc N. prend les clés et emmène les deux Iraniens dans le studio. Demain, il les amènera s’enregistrer pour demander l’asile à la plateforme d’accueil.

    18 février. N. revient de la plateforme et me dit qu’ils ne vont pas leur donner d’hébergement. Pourquoi foutredieu ! je gueule dans le bureau. Il ne sait pas, ils ont dit qu’il fallait attendre le rendez-vous d’enregistrement à la préfecture. Qui est le 2 mars.

    Bon.

    Ils n’ont qu’à retourner dans le studio, mais attention, je refuse qu’on fasse le boulot de l’État, qui est dans l’obligation de les loger. Donc, ils continuent à dire qu’ils dorment à la rue, sinon aucune structure, qu’il s’agisse de l’OFII ou du 115 ne va se décarcasser à les héberger s’ils savent qu’ils le sont déjà par des bonnes poires. Tout le monde comprend bien la consigne, les deux Iraniens diront qu’ils dorment dans la rue.

    19 février. La cheffe de service d’une structure institutionnelle m’appelle sur mon portable perso. « Désolée mais bon, là je t’appelle à titre perso hein… Voilà, y a 2 Iraniens qui dorment dans la rue là, je suis bien embêtée, si jamais tu pouvais solliciter tes réseaux… »

    20 février. « Oui, salut c’est H. de LaGrosseAssoDuCoin, alors voilà, y a deux Iraniens là qui dorment dans la rue, alors si tu pouvais faire quelque chose… » « Allô ? C’est J. ! Oui alors c’est vraiment un scandale, j’ai appris que deux Iraniens dormaient dans la rue, je me suis dit qu’il fallait que je t’en parle ! » « Allô oui tu vas bien, je t’appelle pour voir si tu aurais de la place pour héberger deux personnes, c’est pour deux hommes, ils sont iraniens »…

    22 février. « Coucou, c’est M. j’espère que tu vas bien, je te contacte parce qu’on a découvert 2 Iraniens qui dormaient dans la rue, c’est horrible y en a un qui est journaliste en plus !! »

    Putain.

    Tous les jours, j’insiste : tous.les.jours., des personnes qui demandent l’asile dorment dans la rue. Tous les jours. Partout en France certes, mais ici, dans ma ville, devant tous ces gens qui viennent me les râper soudainement.

    Jamais, j’insiste : JA-MAIS, aucun de ceux-là ne m’a appelée pour me signaler qu’une famille – au hasard – des pays de l’est, albanaise, géorgienne, kosovare, rom, dormait dans la rue et que c’était un scandale. Jamais.

    Jamais aucun de ceux-là ne m’a appelée pour me dire qu’un Nigérian dormait dans la rue – ils sont des dizaines.

    Mais alors les deux Iraniens – dont un journaliste – alors ça ! Là, toute la ville veut faire quelque chose !!

    Bon, il ne faut pas exagérer non plus : ils ne veulent pas non plus les héberger chez eux. Mais au moins, ils me téléphonent.

    25 février. L’assistance sociale qui avait reçu Fabulous le 10 février et devait recevoir sa mère prochainement m’appelle. Elle veut me demander quelle est la situation de ce jeune maintenant. Je lui refais un point de situation, à savoir : on l’héberge toujours – et ça commence à me courir sérieusement que nous le fassions, car ce n’est pas notre rôle.

    Elle me dit qu’elle va prochainement recevoir la mère. Je lui demande : Comment ça, prochainement ? « Je l’ai appelée ce matin pour lui proposer un rendez-vous ». Ah, ok donc c’est ça l’avancée du dernier « prochainement » d’il y a 15 jours.

    Quand elle entend que je suis un peu concernée par ce timing, elle me dit : « de toute façon, j’ai le temps, j’ai jusqu’à avril pour rendre mon rapport ».

    PARDON ?

    Je m’étrangle vraiment en hurlant vraiment « PARDON ? ». Elle répète sa phrase. Je lui dis : « Donc un gamin de 18 ans est mis à la rue en novembre. On saisit en décembre la Cellule de recueil des informations préoccupantes pour qu’une solution lui soit apportée et vous rendrez votre rapport en AVRIL ? Est-ce que c’est une blague ? »

    Elle m’explique qu’elle comprend mon point de vue, mais que la CRIP lui donne 3 mois pour rédiger son rapport, et qu’elle ne veut pas le bâcler, qu’elle veut rendre un « bon rapport ».

    « Eh ben rendez un bon rapport, moi je fous le gamin dehors demain. Peut-être que comme ça, ça vous remuera les miches. Enfin, c’est dans l’option infiniment inimaginable que ça puisse vous empêcher de dormir davantage que l’idée de faire un rapport trop rapidement. Bonne journée. »

    Maintenant, il va falloir que j’explique à Fabulous qu’à partir de demain il doit dire à tout le monde qu’il est à la rue. Même s’il ne l’est pas du tout et qu’on l’héberge toujours. Parce que bon, déjà que le monde doit sauver les deux Iraniens, si en plus le monde doit aussi sauver Fabulous, j’ai peur que mon téléphone n’ait pas assez de batterie.

     
  2. Peace Chico

     

  3. La saison des amours

    pupurpupull:

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    Ça commence aujourd’hui

    Je m’étais pris un râteau sur un banc de Villeurbanne. Pourtant je considère que quand on couche avec une villeurbannaise cintrée, qu’on la serre très fort dans ses bras et que la fenêtre donne sur un brasier de poubelles de tri, ça mérite d’y consacrer toutes ses pensées et toute son existence. Nous avions ensuite marché dans une dizaine de rues. Dans toutes ces rues, le garçon m’avait dit beaucoup de compliments qui m’avaient anéantie. Si j’étais quelqu’un d’aussi bien qu’il le disait, je devais être sacrément laide pour qu’il ne veuille plus serrer ma main. Il se racontait à voix haute qu’on avait eu une relation singulière qu’il avait beaucoup d’estime pour moi, qu’il avait été heureux de me connaître, que j’étais étrange et drôle. Ça ne suffisait pas : les ciseaux coupent la feuille, la feuille couvre la pierre et la laideur enterre l’amour, c'est un fait qui ampute de beaucoup de joies. 

    Je suis rentrée et sans allumer la lumière, je me suis allongée, j’ai mis de la musique que j’ai laissé m’envelopper dans un sommeil sinistre. 

     Le lendemain, j’allais mieux. J’avais convoqué une figure mentale pour porter mes pensées : en fille de Polonaise j’appelle souvent une slave vénale et moqueuse qui claque la porte dans des effluves de parfum bon marché après avoir dépouillé un pauvre jeune homme. Elle m’accompagne et je joue avec elle.

     J’étais prête à en découdre et à tout faire pour ne pas me complaire dans le chagrin. J’ai donc tapé dans la barre de recherche Youtube « Ça commence aujourd’hui », l’émission présentée par Faustine Bollaert. Tous les problèmes de la vie s’y exposent et le temps d’une émission on arrive toujours à s'emparer d’une phrase qui console, d’un hochement de tête qui vous convainc que rien n’est grave, que tout va s’arranger.  Je suis persuadée que Faustine pense à ses invités avant de s’endormir, elle se demande s’ils vont bien. Ce n’est pas quelque chose que ferait Sophie Davant. 

    D’habitude Faustine n’emmerde pas trop ses invités mais j’étais mal tombée puisqu’il s’agissait là de relooker des femmes minées par diverses violences.

    « — Moi je me maquille tous les matins, le parfum, les boucles d’oreilles… Et après c’est jean et pull-over expliquait Cathy, 43 ans.

    — Mais féminine du visage » lui répondait l’animatrice.

    J’essayais de déceler chez Faustine une attitude, une expression qui montrerait qu’elle n’avait pas envie de faire ça, qu’elle n’avait jamais eu l’idée de relooker des gens mais que ses patrons l’y avaient forcée. Ce n’était pas le cas. Elle y prenait visiblement du plaisir.

    Quand on commence à vouloir rhabiller les gens, on est corrompu de façon assez grave. Il en est de même avec les coachs de recherche d’emploi, les tarologues et les astrologues. Lors d’une soirée d’anniversaire, j’ai fait connaissance avec un voyant. Sans que je l’autorise à procéder à une quelconque analyse de ma personne, il a conclu en me regardant que j’avais un “problème avec mon père” : « ton père est mort non ?  » C’était parfaitement vrai même s’il se trompait sur le fait que c’était un problème. Satisfait de ce premier succès, il m’a expliqué que j’avais une jambe plus courte que l’autre : il me fallait aller voir un spécialiste du pied, une petite cale d’un demi-centimètre pouvait totalement modifier mes relations avec le monde. Durant la semaine qui a suivi j’ai pensé que j’étais boiteuse sans le savoir, que c’était une particularité de ma démarche dont tout le monde avait connaissance. Je me disais que ma mère avait conspiré avec le reste de ma famille pour me préserver en n’évoquant jamais en ma présence cette anomalie. Ce n’est pas grave de boiter mais c’est important de savoir qu’on marche comme ça.  C’était ridicule comme pensée car les voyants sont trop arrogants pour faire quelque chose d’aussi bête : qui irait dévoiler à un manchot qu’il lui manque des bras ? On ne peut révéler que ce qui est caché comme une constipation, un cancer ou le pressentiment d’être un élu de Saturne.

    Le voyant mondain et Faustine faisaient donc partie des gens qui lorsqu’ils te voient t’abreuver dans le caniveau refusent de s’accroupir avec toi pour se désaltérer de la même boue. Faisant mine de te soutenir, ils te signifient le dégoût que leur évoque ton corps, ta personne et ta vie. 

    Je suis sortie acheter des surgelés. Dans les rues de Villeurbanne mes mains gerçaient si fort à cause du froid que le sang s’y faufilait. Je repensais au garçon : cette histoire comme toutes les histoires avait creusé ses galeries et il suffisait maintenant de laisser les jours y couler des burgers, de l’ennui et des regrets. Attendre que le temps passe, je savais très bien faire ça.

    Mon style de mec

    On ne m'avait jamais conviée à un mariage ou choisie comme marraine pour son enfant. J’étais tatie, c’est vrai, et mon neveu m’appréciait mais personne ne m’avait élue et ma tête n’était pas ceinte de la couronne éthérée des marraines. On m’invitait rarement en vacances. Toutes ces situations n'avaient rien d’alarmant mais elles me semblaient tracer les stigmates d’une misère grotesque qui sautait tellement aux yeux que personne ne m’en parlait.  

    Certaines personnes voulaient bien coucher avec moi mais rechignaient à se montrer à mes côtés, à mettre une capote, à me faire des cadeaux, à m’emmener quelque part. Les quelques fois où un mec était venu plus d’une fois dormir contre moi, j’avais l’air de rien évoqué l’idée qu’il puisse avec sa voiture m’apporter un canapé. J’étais sans voiture, sans permis et sans canapé. J’aurais aimé être assez proche de quelqu’un pour qu’il m’apporte un meuble ou qu’il fixe une étagère chez moi. C’était le genre d’attention dont j’avais besoin : qu’on m’aime suffisamment pour se soucier de mon environnement. J’avais bien remarqué que les garçons préféraient faire ça avec des marraines. Je voulais savoir ce qui me distinguait de ces filles.

     Je passais de plus en plus de temps à scruter les gens pour comprendre quelles monstruosités ils pouvaient déceler chez moi, je savais qu’elles existaient mais je voulais les voir. Elles me terrifiaient. Enfant j’étais persuadée que les adultes se voyaient sans avoir besoin de se refléter dans un miroir.    Ça m'avait dérouté quand j’avais fini par comprendre que le regard des gens sur moi serait pour toujours inconnu.

    J’étais soudainement devenue allergique aux acariens : ces débris contrariaient mon visage, je voyais mon nez se distendre et mes yeux se vitrer d’un voile rose. Rien de très important mais cela s’ajoutait à tous mes problèmes, je devais parader avec la tête d’une fille qui passe sa vie à renifler sa couette, volets fermés.

    Je me demandais comment trouver quelqu’un. Une copine m’avait conseillé de ne pas attendre que les choses me tombent dessus, de réfléchir sérieusement et concrètement à ce que je souhaitais, d’en faire un projet, d’écrire un cahier des charges en quelque sorte. Cela avait marché pour elle. C’était sans doute bête d’écouter ce conseil (son mec était un gros con) mais c’était la première fois qu’on me le donnait et ça semblait parfaitement logique : il n’y a finalement pas de grande différence entre trouver un copain et trouver un travail. Les récompenses et punitions y sont juste différentes.

    J’essayais donc de définir mon style de mec. Avec qui je voulais être. Ça ne pouvait pas être un randonneur ou un féru d'escalade. Les corps trop sportifs me feraient détester mon corps flasque et comment quelqu’un qui se grise de paysages pourrait partager quoique ce soit avec une fille à gros cul qui regarde des replays en buvant du coca ? Sans oublier que c’est le genre à faire semblant d’être expert en fromages ou en bières brassées dès qu’il s’agit de faire un apéro. En bref, les grenoblois étaient exclus.

    Ce qui vraiment aurait été bon pour moi comme pour n’importe qui aurait sans doute été d’arrêter les garçons et de penser aux filles. Mais mon cas était désespéré, j’avais sucé l’intégralité des épisodes d’Hélène et les garçons, j’étais pleine de romance fétide, un sac de pus prêt à attendre cent ans l’épingle qui viendrait le percer. J’étais faite comme une tique qui au bout d’un brin d’herbe attend son mammifère.

    En attendant mon bus je voyais passer des camions d’artisans : Hervé Thermique, Romain Isolation, Stéphane Rabotage, Fred Débarras. C’était assurément un garçon comme ça qu’il me fallait. Un bon bricolo qui s’il me voyait vivre un seul jour sans rideaux m’installerait une tringle avant même d’avoir baissé son slip.  Ça ne le dérangerait pas que je prenne du poids, il me suffirait juste de faire mijoter régulièrement un bon bourguignon ou des joues de bœuf qu’il mangerait avec appétit.  Je pouvais tout à fait faire ça, j’avais une cocotte en fonte. Il serait celui qui répare et moi celle qui restaure.  Je me sentais prête à trouver les secrets des meilleurs ragoûts et à apprendre à sucer correctement contre l’assurance d’un partenaire disponible pour tous les sinistres qui m’attendaient : dégâts des eaux, décollement de carrelage et chimiothérapies.

     
  4. photo @loveintheafternoooon

     

  5. loveintheafternoooon:

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    Love in the afternoon #58


    And start 2021 a bit lost, disillusioned but still on the road. Psychedelic-country soundtrack by Portland songwriter and musician Jeffrey Silverstein.

    Sally Colahan - I Never Believed
    Randall Stephens - Love
    Daniel Moore - May 16,1975
    Bill Jerpe - I Expect To See You
    Evie Sands - One Fine Summer Morning
    Ian Matthews - Right before My Eyes
    Barbara Keith-The Ones Who Really Care
    J.B Sky - Lonesome Cowboys
    Jim Ransom - It’s So Profound
    J.J. Cale - Lean On Me (Live)
    Chris, Chris & Lee - Wish You Were Here
    Wheatridge - Holy River
    Borderline - Tallahasse Women
    Buddy Emmons - Wichita Lineman
    Blue Ash - Just Another Game


    A collection of American-Indian pipes drawn by George Catlin in 1841